Absence de taxation du kérosène, TVA réduite : au total, « le manque à gagner annuel pour l’État français lié aux niches fiscales accordées au secteur aérien est évalué entre 1,2 et 1,42 milliard d’euros ».

Ramené au nombre de passagers, cela signifie que pour chaque voyage à l’intérieur du pays, l’Etat vous offre en moyenne 40 euros sur votre billet.

Alors que l’automobiliste verse 0,62 euro à l’Etat par litre d’essence et 0,46 euro pour le gazole, le kérosène est le seul produit pétrolier dont le barème de taxation, qui pourtant existe, n’est pas appliqué.

La TVA, elle non plus, n’alourdit pas le prix de votre billet. Comme pour l’ensemble des transports, un trajet d’avion en France bénéficie sur cette taxe d’un taux réduit de 10%. Un trajet à l’international en est même complètement exempté, contrairement aux voyages en train au sein de l’Europe.

Prenons un billet Paris-Marrakech à 56 euros avec EasyJet.

Imaginons que les émissions de CO2 soient soumises à une taxe carbone à 41 euros la tonne de CO2, le prix pour 2015 qui, selon le rapport Quinet de 2009 (préconisant 32 euros la tonne en 2010 plus 5% par an), devrait permettre d’atteindre progressivement l’objectif d’une taxe à 56 euros la tonne en 2020 puis 100 euros en 2030. Objectif qui vient d’être adopté, mercredi 17 juin, par amendements à la Commission des affaires économiques du Sénat.

Avec ses 192 kilos de CO2 émis par passager, le trajet verrait son prix grimper de 8 euros. Imaginons aussi que les Etats reviennent sur la Convention de Chicago qui, depuis 1944, interdit la taxation du kérosène à l’international.

En utilisant le barème français, le prix de ce trajet, qui consomme 64 litres par passager, grimperait encore de 20 euros. 56+8+20  : une fois le kérosène et les émissions taxées, le prix du billet atteint 84 euros. Appliquons à cela le taux normal de TVA du pays de départ, soit 20%. Le vol coûte alors 101 euros.

Réseau Action Climat, Rue89 22 juin 2016

Aux Etats-Unis, les poids lourds ont parcouru 423 milliards de kilomètres en 2006. Le transport routier représente 10% du PIB soit 1400 milliards de dollarse en 2009.

Les semi-remorques ne sont pleins qu’à 60% en moyenne lorsqu’ils roulent.

Ils parcourent 20% de leurs trajets complètement vides.

Jeremy Rifkin, La nouvelle société du coût marginal zéro, 2014 et références

Entre 2000 et 2011, Alstom a versé plus de 75 millions de dollars pour gagner des contrats dans l’énergie et les transports représentant 4 milliards de dollars, notamment en Indonésie, en Egypte, en Arabie saoudite et aux Bahamas, qui lui ont rapporté « environ 300 millions de dollars de bénéfice ».

Alstom a reconnu ces pratiques de corruption et a payé une amende de 772 millions de dollars aux Etats-Unis.

Les Echos 23 décembre 2014