54 millions de tonnes d’engrais ont été épandus sur les terres agricoles des Etats-Unis en 1996, dont seulement 1% d’engrais organique (91% d’engrais minéraux Azote, Phosphore, Potassium et 8% d’autres engrais comme le Calcium, le Magnésium ou le Soufre).

Les fertilisants chimiques tels l’azote, le phosphore et le potassium utilisés en agriculture contaminent à la fois la nappe phréatique et les eaux de ruissellement.

L’azote contribue à l’acidification des sols et à la libération de métaux lourds.

Les fertilisants azotés de synthèse sont transformés en oxyde nitreux. Ce gaz a un effet de serre 310 fois plus puissant que le CO2. Aux États Unis en 1997, l’utilisation de fertilisants azotés de synthèse et de fertilisants organiques a contribué à 36% de toutes les émissions d’oxyde nitreux (N2O).

Le bois raméal fragmenté, clé de la fertilité durable du sol, Université de Laval janvier 2001

« Le processus est d’abord mécanique : selon où elle est puisée, l’eau d’irrigation chargée de sel stérilise les sols qu’elle arrose. Par exemple à cause de la salinité élevée de l’Indus, le Pakistan est le pays qui perd actuellement le plus de terres agricoles.»

«En retournant profondément le sol, les labours perturbent la vie souterraine et les échanges biochimiques : les gaz carboniques s’échappent du sol, la matière organique qui s’en nourrit se réduit, la faune disparaît et avec elle l’ascenseur qui brasse les nutriments et minéraux (calcium, magnésium, fer…) qui lient les sols. L’humus est balayé par les eaux, l’argile se met en mouvement et la terre devient une simple boue gluante. »

Les engrais n’y changent rien : épuisées, les terres perdent leur productivité.

A l’échelle mondiale, les rendements ont augmenté de 3% entre 1950 et 1984, de 1% la décennie suivante, et stagnent ou se réduisent depuis 25 ans.

Le processus n’est peut-être pas irréversible. « Il faut réapprendre à cultiver la terre sans l’éroder. Cela n’a jamais été fait à grande échelle, mais ce pourrait être le challenge du 3ème millénaire », pense Claude Bourguignon.

Il faudra pour cela une révolution touchant les quatre piliers de l’agronomie : le travail du sol, l’usage des pesticides, des engrais et la génétique. Planter par semis directs favorisant les plantations en surface, réhabiliter les haies, amender les sols dégradés avec des légumineuses de couverture pour relancer l’activité biologique, ajouter du bois fragmenté comme compost organique, etc.

Claude Bourguignon microbiologiste, directeur du laboratoire d’analyse microbiologique des sols depuis 1989 ; International Soil Reference and Information Centre (Isric) ; Les Echos 21 novembre 2007

Les engrais chimiques sont la cause principale de la mort de 400 zones côtières dans le monde, couvrant une surface de 245 000 km², équivalente à celle du Royaume-uni.

La surface marine pauvre en oxygène a augmenté d’un tiers depuis 1995.

Rapport « Who owns nature? » ETC Group, novembre 2008

Les trois principaux engrais sont l’azote, le phosphate et le potassium.

La production de phosphate est concentrée dans un nombre réduit de pays, le Maroc et le Sahara occidental en contrôlant 32%, la Chine 37%.

La production de phosphate de haute qualité décroît et les réserves connues seront consommées dans 50 à 100 ans.

Le prix du minerai de phosphate a été multiplié par 7 entre janvier 2006 et avril 2008.

En avril 2008, la Chine a imposé une taxe de 135% pour freiner les exportations et assurer sa consommation intérieure.

Rapport « Who owns nature? » ETC Group, novembre 2008

La consommation d’engrais industriels dans l’agriculture mondiale a augmenté de 31% entre 1996 et 2008.

Le prix moyen des engrais a fortement progressé, d’un prix moyen de 245 $ la tonne en janvier 2007 à 1600 $ la tonne en août 2008.

Rapport « Who owns nature? » ETC Group, novembre 2008